Il y a une deuxième dimension essentielle à la facultarisation. Elle consiste à délester, par voie de déconcentration ou de décentralisation, le vice-rectorat à la vie académique et ses services, le vice-rectorat aux Ressources humaines et certains de ses services et d'autres services, d'une partie de leurs responsabilités de gestion quotidienne dans le versant académique de l'Université.
L'abolition des anciens décanats horizontaux, au début du processus de facultarisation, a fait refluer vers les vice-rectorats et leurs services de nombreuses tâches de gestion quotidienne qui étaient assumées par les anciens doyens capables d'agir comme représentants et fondés de pouvoir de l'Université, notamment en sa qualité d'employeur. Il en est résulté une extrême centralisation qui est bien connue, par exemple, pour la gestion du personnel de soutien. Le vice-recteur à la Vie académique, pour de multiples dossiers, est en relation directe, pas toujours vraiment nécessaire, avec non seulement sept facultés, mais aussi 37 départements et ses propres services, ce qui l'entraîne dans la micro-gestion et l'empêche de jouer son véritable rôle de premier animateur et premier responsable de la vie académique, en plus d'hypothéquer abusivement son emploi du temps. Il en résulte aussi une gestion émiettée de plusieurs catégories de ressources dédiées à l'enseignement. Il en résulte encore un alourdissement des processus de contrôle et de normalisation.
La faculté a aussi pour tâche de faciliter l'articulation des activités académiques et des ressources qui les soutiennent et d'appuyer le déploiement de sa mission. Cela ressort de la Politique facultaire institutionnelle. Cela se refléte dans les responsabilités des doyennes et doyens. Pour que cela se réalise et aussi pour assurer une gestion mieux adaptée, il faut déplacer l'exercice de responsabilités administratives du centre (vice-rectorats et services) vers les facultés mêmes et faire en sorte que les services assurent davantage une fonction conseil.
La mise en place de doyens de facultés émanant du corps professoral mais exclus de l'unité d'accréditation syndicale pendant leur mandat (comme les doyens horizontaux d'avant la facultarisation) permet aux vice-rectorats de transférer vers les facultés une grande variété de tâches de gestion qui, au lieu de requérir des décisions des vice-recteurs ou de leurs services, feront l'objet de décisions prises sur le terrain, au sein même des facultés, et de ce fait mieux adaptées aux besoins de la vie académique. Il s'agit, pour ces aspects de gestion de la vie académique, de gérer localement, collégialement et efficacement.
Cette deuxième composante du processus de facultarisation concerne à des degrés et selon des modalités variables, les vice-rectorats de l'Université. Par ailleurs, les départements, les conseils facultaires, les comités de programme, les unités de recherche, conservent leurs compétences, leurs attributions et leurs responsabilités. En d'autres termes, la déconcentration et la décentralisation de la gestion de la partie académique de l'Université concernent l'organisation et le fonctionnement du vice-rectorat à la Vie académique et de ses services, du vice-rectorat aux Ressources humaines et de certains de ses services et au besoin d'autres services de l'Université. Cette partie du processus de facultarisation ne modifie pas les unités académiques de base ni leurs pouvoirs ni ne transforme les dispositions des conventions collectives (sauf pour le statut des doyens et leur rôle de supérieurs immédiats du personnel de soutien).