La facultarisation consiste d'abord à assurer l'intégration et la cohérence des grands domaines du savoir de l'UQAM. La facultarisation consiste aussi à assurer l'articulation de l'ensemble des ressources et des modalités pédagogiques et techniques destinées à la transmission et à la diffusion des savoirs construits.
Il faut se souvenir que, de 1969 à la fin des années 1990, l'organisation académique de l'UQAM n'assurait pas vraiment l'intégration et la cohérence des grands domaines du savoir en raison de l'absence d'un lieu rassemblant de façon organique l'ensemble des unités et l'ensemble des activités propres aux divers grands domaines du savoir de l'Université.
En effet, les programmes d'études étaient gérés de façon éclatée. Les programmes de premier cycle se trouvaient sous la juridiction de modules regroupés en famille sans lien organique avec les départements, lesquels n'avaient aucune autorité sur les programmes, même de leur discipline propre. Les programmes de cycles supérieurs se trouvaient sous la juridiction des départements ou de comités distincts pour les programmes multidisciplinaires, sans liens organiques avec la formation de premier cycle. Quant aux départements, ils relevaient du vice-rectorat à l'Enseignement et à la Recherche, par l'intermédiaire d'un doyen (de la gestion académique, plus tard, des ressources ou d'autres appellations). Certains départements participaient ? mais sur une base purement volontaire ? à d'informels comités de secteur n'ayant ni existence ni compétences officiellement établies par l'Université.
Les activités de recherche ou de création étaient menées dans des structures variées, sans liens organiques avec les programmes d'études, particulièrement de premier cycle. Une forme d'intégration horizontale était assurée, à l'échelle de l'Université, par des sous-commissions (premier cycle ou études supérieures et recherche) et par trois décanats, également à vocation horizontale. Seul le vice-rectorat à l'Enseignement et à la Recherche pouvait tenter l'intégration et répondre de la cohérence institutionnelle. Cependant, les grands domaines du savoir de l'Université ne disposaient d'aucun cadre établi et reconnu pour assurer eux-mêmes leur propre cohésion.
Ainsi, de 1969 à la fin des années 1990, l'UQAM, entre les unités de base et les instances centrales (Commission des études et vice-rectorat à l'Enseignement et à la Recherche) êtait privée d'un lieu efficace et autonome d'intégration et de cohésion de chacun des grands domaines du savoir. Les anciens décanats et les sous-commissions avaient compétence à l'échelle horizontale seulement.
La réalisation de l'intégration et de la cohérence de l'ensemble des activités académiques et des unités académiques, dans chacun des grands domaines du savoir, constitue précisément le rôle que joue la faculté. Et, en créant les facultés, l'UQAM s'est dotée d'une forme d'organisation très largement répandue dans les établissements universitaires, mais en le faisant à sa manière propre. En effet, des éléments d'organisation remontant aux origines de l'Université ont été préservés : par exemple, les comités de programmes d'études où sont notamment représentés les professeurs et les étudiantes et étudiants en présence des personnes chargées de cours ou par exemple, encore, les départements et l'ensemble de leurs compétences académiques et administratives, voilà autant de modalités d'organisation et de fonctionnement que la création de facultés n'a pas altérées.
La composition de la faculté telle que précisée par l'article 8.2 du Règlement de régie interne ? départements, comités de programme aux trois cycles aussi bien facultaires qu'interfacultaires, unités de recherche, instituts, chaires, écoles ? tout autant que le mandat académique (article 8.3.2) confié au conseil académique, illustrent clairement le rôle que joue la faculté comme lieu d'intégration à la fois horizontale et verticale et assurant la cohérence des activités académiques et des unités qui en sont responsables dans et au bénéfice des grands domaines du savoir par lesquels l'UQAM intervient dans la société. Ce genre de regroupement rendu possible par la faculté permet une action concertée et ordonnée des premiers intéressés pour l'accomplissement des missions de l'UQAM dans un grand domaine du savoir et pour mieux orienter, par les unités directement impliquées, le devenir à moyen et long terme de ce grand domaine.
Tel est le rôle d'intégration permettant d'assurer la cohérence académique que jouent déjà et pour de bon les facultés dans l'Université.